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Le manifeste

La compagnie du 1er Août crée.

Elle crée des spectacles, des évènements, des rassemblements, des festivals, des repas, des ateliers, des ateliers de recherches, des ateliers de construction, des ateliers d’écritures, des ateliers de musique, des ateliers théâtre. 

Si la compagnie du 1er Août n’a pas encore fait tout cela mais que c’est écrit dans ce manifeste, ce n’est pas que la compagnie ment. Si c’est écrit et qu’elle ne l’a pas fait, c’est que des événements indépendants de sa volonté l’en ont empêché. Car certains des membres de la compagnie du 1er août tendent à croire que des forces peuvent influencer le destin individuel ; dans ce cas la compagnie du 1er août doit être entendue comme un individu. Une individue sociale.

Ainsi, bien qu’elle soit très audacieuse, très ambitieuse, très exigeante, elle n’est pas mégalomaniaque – ni fataliste. Elle rêve et fantasme et organise pour réaliser ses rêves et ses fantasmes. C’est pourquoi elle a besoin du public. Elle a besoin du public pour s’assurer qu’elle n’est pas en train de rêver toute seule… Elle a besoin de public pour réaliser ses fantasmes… peut-être qu’elle a quelque chose d’exhibitionniste. 

Elle dessine des lieux, des jardins, des plateaux, des idées, des mots, des théâtres. 

Elle est aussi une association – c’est peut-être une association avant tout. L’association de personnes physiques aux physiques très différents, aux idées très différentes, aux histoires très différentes. Elle n’est pas dogmatique. 

Beaucoup de ces hommes et de ces femmes sont des gens qui inventent en puisant dans leur imagination, une manière de créer – et une manière de vivre souvent – ce sont des artistes, des techniciens, des bénévoles, des adhérents…. De manière générale, elle considère tous ceux qui contribuent à la faire vivre comme des artistes en ce sens qu’ils contribuent tous à la création de quelque chose qui n’existe pas encore.

Elle cherche à se pérenniser.

Pérenniser des groupes, des liens, des activités, des partenaires, des lieux, pérenniser la vie. Elle tend à se dé-précariser car partout où elle passe elle devient essentielle… comme une prairie ou un lac pour les enfants quand il fait beau. Ainsi elle rend un service essentiel à ceux qui choisissent de profiter de ses services.

Elle et son travail – ses créations – doivent être hautement subventionnés pour rendre son travail accessible à tous·tes et pour rémunérer à juste titre tous les artistes qui y participent. Si elle n’est pas subventionnée, le travail de la compagnie ne peut être pérenne ou alors le prix des places pour ses créations devrait être excessivement élevé, ce qui est impossible. Car elle n’exclut pas. Elle invite le monde entier. 

Elle doit survivre et rémunérer de nombreuses personnes pour survivre. Elle veut offrir, veut remercier, veut reverser.

Elle crée des spectacles avec des artistes et un public, des spectacles pour des artistes et pour des publics. 

Elle est politique ; elle fourmille d’idées qui repensent l’organisation du monde. Sa conception politique est en création ; elle est aussi pragmatique et empirique.

Elle cherche et très souvent, elle ne sait pas. 

Elle ne crée pas de consensus idéologique.

Elle tend à compenser ses faibles moyens de production par une invitation à un moment exceptionnellement agréable, réjouissant, jouissif. Quand elle aura réuni les moyens financiers dont elle a besoin pour rémunérer convenablement ses contributeurs, elle s’engage à continuer à proposer des moments exceptionnellement agréables, réjouissants, jouissifs. 

Elle se situe en Bourgogne-Franche-Comté à Sainte-Colombe-sur-Loing. La compagnie du 1er Août est reconnaissante envers ceux qui ont voulu la rencontrer, l’accueillir, la soutenir. Elle aime avoir un lien privilégié avec ses voisins, et aime inviter ceux qui sont plus loin. 

Elle souhaite profiter à chacun. Elle est une association à but non lucratif ce qui signifie que si elle crée du profit celui-ci doit servir à rémunérer son équipe pour le travail qu’elle effectue et à permettre de poursuivre son action à court et à long terme : le profit n’est pas une fin en soi et ne doit jamais l’être.

Elle croit au circuit court dans le monde de la Culture. Elle apporte un service de proximité et joue avec l’extérieur, l’inattendu, l’inconnu.

Elle aime créer en milieu rural parce qu’elle veut mettre en valeur l’endroit où elle se trouve, parce que la nature est plus spectaculaire que n’importe quel décor.

Elle veut contribuer à réduire les inégalités entre ville et campagne. Elle aimerait qu’il y ait des trains partout. 

Elle tend à croire que le service public est une excellente chose. 

Elle se refuse au désespoir.

Elle va dans les écoles car elle croit que la nouvelle génération est porteuse d’espoir et de talents. 

Elle veut créer des spectacles de manière spontanée. Mais elle souhaite également prendre son temps pour créer des spectacles. 

Elle travaille avec ce qu’elle trouve ; et transforme. Elle travaille avec ce qu’elle a.

Elle est ouverte à toutes associations, fédérations, personnes.

Elle se renouvelle parce qu’elle invite. 

Sainte-Colombe-sur-Loing, le 7 mai 2022.